Nous avons déjà vu que beaucoup de parieurs novices parient en fonction de critères affectifs ou émotionnels. En particulier, un équipe connue est souvent favorisée plus que nécessaire par les parieurs, ce qui diminue sa cote par rapport à sa véritable probabilité de réussite. Par l'effet des vases communiquants, cela augmente donc la cote de l'outsider. Donc à condition que les cotes au départ soient représentatives de la probabilité de victoire, et donc que l'avantage du casino ne soit pas trop élevé, il est en général plus intéressant sur le long terme de privilégier les outsiders pour les jeux de type pari-mutuel, là où les sommes gagnées découlent du nombre de gagnants (par exemple le lotofoot, ou le PMU).
Voici un exemple : si on a l'EquipeA qui a 70% de chance de gagner et l'EquipeB qui a 30% de chance de gagner, il y aura peut-être 75% des parieurs qui joueront l'EquipeA. Si il y a 1000000 € à distribuer, en cas de victoire de l'Equipe A, le gain de chaque parieur sera (1000000/750000* 0.7)=0.93 €. Si l'EquipeB gagne, le gain des parieurs sera de (1000000/250000*.3)=1.2 €.
Bien entendu, si l'écart entre les mises et la cote est trop importante, le bookmaker va modifier la cote pour équilibrer les paris. Mais en pratique, cet équilibre ne sera jamais parfaitement exact, donnant toujours une cote trop basse au favori puisque le bookmaker sait que la cote ne sera pas le critère principal de décision pour un partie des parieurs.Application aux sports américains
Dans les sports américains, l'équipe qui n'est pas favorite (donc l'outsider) est appelée "underdog". C'est elle qui se voit accorder des points supplémentaires dans les paris à handicap.
Souvent, les équipes favorites qui sont célèbres sont surcotées.
Dans ce cas, la cote de l'underdog, par rapport à cette équpe favorite, est souvent intéressante par rapport à ses probabilités réelles de victoire.
C'est le principe de calcul des "value bet", que d'identifier ces bonnes cotes.
Mais attention, ce principe de privilégier les underdogs doit cependant être bordé.
En effet, il faut aussi prendre en compte le but de chaque équipe : le favori se doit de gagner et donc une défaite équivaut à un très mauvais résultat.
Donc il faut éviter les paris à handicap sur l'underdog qui impliquent une défaite pour la favori dans le match réel.
Je m'explique :
En hockey, l'équipe favorite se voit en général octroyer un handicap de -0.5 ; ce qui veut dire que l'underdog a un avantage de +0.5. Mais en hockey, si vous pariez sur l'underdog et que ce pari se révèle exact, ça veut dire que le favori a perdu dans le match réel ou a fait au mieux match nul, ce qui, pour une équipe jouant à domicile, n'est pas un bon résultat en général. Cette équipe n'est pas prête à accepter facilement cela, donc elle se battra contre un tel évènement. Donc son intérêt (qui est gagner le match) sera en conflit avec votre but (gagner votre pari avec handicap). Dans ce cas, il peut être plus judicieux de jouer directement le pari "straight" (money line), c'est à dire sans handicap, sur l'underdog, avec la cote qui est en général meilleure.
En basketball, c'est différent : si une équipe a un handicap de par exemple -5 points, ça veut dire que l'underdog se voit octroyer 5 points. Cela veut aussi dire que même si l'équipe favorite gagne, vous pouvez quand même gagner votre paris (par exemple si elle gagne avec un écart de 4 points maximum). Donc le but de l'équipe favorite (gagner le match) n'est pas forcément incompatible avec le but de votre pari. Les deux peuvent se réaliser et tout le monde est content. Bien sûr le goal average est parfois utile à améliorer pour une équipe, mais dans les sports américains, ce n'est pas un critère majeur dans le classement.
Pour les paris over/under, il faut aussi faire attention. Au baseball par exemple, le minimum d'un match est de 1 point, tandis que le maximum théorique est illimité. Donc bien que la moyenne statistique de points par match soit aux alentours de 9.5, ça ne veut pas dire qu'il y a autant de chance que le résultat soit en dessous qu'au dessus. En effet, il est plus probable que le match soit en dessous de cette moyenne (en général un peu en dessous), pour que justement quant les match finiront avec des points très nombreux, du type 13 ou plus, ça compensera. La courbe suit donc une loi log-normale (par opposition à une loi normale, quant les deux cotés sont finis, tel que pour un tirage de deux dés).