Miser sur le long terme


Au loto, vous pouvez devenir très riche en ne jouant qu'une seule fois : 1 grille gagnante à 0.5€, et vous voila peut-être millionnaire. Avec les paris sportifs, ça ne peut pas fonctionner comme ça : soit vous jouez comme au loto, soit vous considérez un "investissement" sur le long terme.
Pour jouer comme au loto, il suffit par exemple de jouer un Cote et Match (ou un parlay) de 10 matchs avec des cotes raisonnablement élevées. Par exemple, si vous identifiez 10 matchs nuls (les cotes sont en général supérieures à 3.0) et que vous gagnez, vous pouvez toucher près de 60 000 fois votre mise. Avec une mise de 1€, ce n'est pas encore le million mais c'est déjà très confortable. Mais trouver un parlay de 10 matchs, ça se rapproche quand même du loto au niveau des probabilités !
L'autre solution, c'est de jouer à mise constante (en fait la mise pourra évoluer lentement avec l'évolution de votre capital, par l'application d'une bonne gestion financière) et sur le long terme. Cela a l'avantage de limiter le risque (vous jouez toujours la même mise, sans système de montante pour essayer de se refaire) et de vous permettre de perfectionner votre méthode d'analyse grâce à l'historique que vous tiendrez bien evidemment à jour.

Question : Comment faire ?
L'idéal est de pouvoir jouer chaque jour. Les sports américains se prêtent le mieux à ce type de paris car il y a des matchs tous les jours. Mais il est tout à fait possible de jouer sur le football si on joue sur plusieurs championnats ou les coupes d'Europe ou les matchs internationaux. L'inconvénient principal c'est que vous pouvez tenir à jour des statistiques pertinentes pour un championnat donné, mais c'est plus difficile pour des matchs de coupe et des rencontres internationales.
La première étape est d'analyser les matches qui vous intéressent, afin de déterminer les bons coups. Attention : l'important n'est pas de trouver le "gagnant" à tout prix, mais les paris où la cote est manifestement disproportionnée par rapport à votre propre analyse (ce que l'on appelle en jargon anglais les "value-bets").

Question : Pourquoi y aurait-il des cotes disproportionnées alors qu'elles sont elles-même basées sur des statistiques ?
En fait, même si la plupart des statistiques sont faites sur les mêmes critères (les cotes sont très similaires quels que soient les bookmakers), elles ne sont pas nécessairement identiques, et les cotes peuvent différer un peu, y compris d'avec celles résultant de votre propre analyse, en raison du nombre de critères et de leur pondération dans les calculs. Bon, je ne dis pas que vos statistiques seront toujours plus précises que celles des bookmakers, qui utilisent un grand nombre de critères et du matériel informatique performant, mais elles peuvent tout à fait être viables.
Mais surtout, il faut bien avoir à l'esprit que le bookmaker adapte aussi sa cote à la demande du public : plus il y aura de paris sur une équipe, plus sa cote baissera, et se différenciera de la cote statistique originelle. Or il s'avère que le public parie souvent sur des équipes traditionnellement favorites ou médiatiquement connues, ce qui a un effet baissier non négligeable. C'est donc souvent sur le résultat "N" (voire le "2") pour le football, ou sur l'outsider ("l'underdog" pour les sports américains) que le pari peut être intéressant, avec une bonne cote par rapport à la probabilité statistique.
Pour illustrer cela, il suffit de regarder qui sont les favoris ou les équipes célèbres en début de saison et imaginer que vous ne pariez que sur leurs victoires. Vous constaterez surement qu'à la fin de la saison, vous aurez un déficit non négligeable, les cotes étant chaque fois bien plus basses que ce que donne les probabilités réelles de succès. Tout cela est dû au fait des nombreux paris "compulsifs" ou "sentimentaux" sur cette équipe.
Attention cependant : le système de paris journaliers sur le long terme nécessite une certaine régularité dans les résultats, pour éviter les écarts trop importants, contre lesquels vous ne pourrez alors pas faire face avec votre capital de départ. Donc pas question de parier sur un "2" avec une cote de 10.0, même si votre analyse considère l'équipe très surcotée ! Il faut rester avec des cotes raisonnables : une cote autour de 2.0 est en général le meilleur atout, si cette cote s'avère disproportionnée par rapport à votre analyse. Là encore, les sports américains se prètent le mieux à l'exercice, les cotes étant souvent proches de 2.0 grâce à des systèmes de handicap. Mais il est possible de parier sur le football sur des cotes pour le "1" entre 1.8 et 2.3, voire (même si le risque d'écarts en perte est plus important) essayer de rechercher les résultats "N" à cote disproportionnée, entre 3.0 et 3.5 par exemple). A vous de définir votre stratégie en fonction de la fiablité de votre analyse : si vous avez un taux de réussite de 80% pour des cotes de 1.4, allez-y.

Question : Comment déterminer si une cote est disproportionnée ?
C'est très simple : il suffit pour cela de comparer la cote proposée à votre analyse.
Prenons par exemple en football l'Equipe A qui est donnée gagnante (résultat "1") mais avec une cote de 2.20. Cette cote est dûe au fait que, bien qu'elle joue à domicile, elle est moyennement placée dans le championnat et surtout affronte une équipe connue (Equipe B) mieux placée qu'elle (mais pas nécessairement dans les toutes premières). Ce cas arrive assez souvent, car de nombreux parieurs, notamment étrangers, qui ne connaissent que l'Equipe B, vont avoir tendance à parier sur elle, ce qui affecte sa cote à la baisse (et donc la cote de l'adversaire à la hausse). Cette cote permet de déterminer un pourcentage de victoire, soit 1/2.20 = 45%. Si maintenant votre analyse conclut que la victoire de l'équipe A est plus proche de 50%, alors ce pari vaut le coup.
Pour apprécier si une cote vaut le coup, en raison de l'avantage du bookmaker, il faut quand même que votre analyse soit sensiblement supérieure. Si dans l'exemple donné votre analyse donnait 46%, ça ne serait pas suffisant. Grossièrement, considérez le coup jouable si votre pourcentage est d'au moins 5% supérieur à la cote (mais plus votre analyse sera fiable, plus vous pourez réduire cet écart). Cependant, si votre analyse diffère beaucoup trop de la cote "officielle", peut-être avez vous oublié de prendre en compte un élément majeur (blessure du meilleur joueur, terrain neutre, match sans enjeu, ...) et il vaut mieux s'abstenir.

Question : Comment cela peut-il (peut-être) me faire gagner de l'argent ?
Tout d'abord, avec les paris sportifs comme les autres jeux d'argent, on n'est jamais garanti de gagner de l'argent, donc ne jouez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Par contre si votre analyse s'avère exacte, sur le long terme, vous devriez gagner une certain nombre de paris, et c'est ce nombre de paris gagnants, comparé à leur cote officielle qui peut vous permettre de dégager un bénéfice.
Prenons une nouvelle fois un exemple : après 100 paris (donc environ 3 mois à raison d'un pari par jour) votre analyse s'est avérée bonne et vous avez gagné, disons, dans 50% des cas, donc 50 paris. Si la cote moyenne pour ces 50 résultats était de 2.20, et votre mise (fixe) était de 10€, cela vous fait un gain de 50 x 10 x 2.2 = 1100€. Vous retirez vos mises, soit 100 x 10€ = 1000€ et il vous reste donc un bénéfice de 100€, soit 10% si on considère un capital de départ de 1000€.
D'accord ce n'est pas la fortune (mais je vous ai dit que c'est sur le long terme qu'il faut juger, et puis 10% de bénéfice en trois mois, ce n'est quand même pas rien), mais nous avons pris des hypothèses basses. Si vous pouvez parier un peu plus chaque jour (par exemple trois matchs par jour), vous pouvez augmenter d'autant ce bénéfice éventuel. De même si l'écart entre votre taux de réussite suivant votre analyse et la cote en question est plus grand, ça augmente d'autant le taux de retour.
Il est aussi possible d'augmenter un peu les mises puisque le risque reste relativement limité de tout perdre : il faudrait que votre taux de réussite soit de 0% ! Ce n'est pas impossible, mais statistiquement sur le long terme, très improbable. Certes votre taux de réussite peu être faible et dans ce cas vous allez avoir un déficit, mais il devrait rester limité sur le long terme, sauf si votre analyse s'avère trop mauvaise (mais ça, aucune méthode ne peut y remédier). De plus, avec le temps, vous pouvez espérer améliorer votre analyse et donc améliorer votre taux d'efficacité. Attention : il faut quand même conserver un capital suffisant pour pouvoir "suivre" lors d'écarts en perte, qui ne manqueront pas de se produire. Je ne conseille pas plus de 1% ou 2% de votre capital de départ. Par exemple, si votre capital est de 1000€, ne pariez pas plus de 20€. Quand votre capital aura augmenté (pas à chaque fois, mais par palier, c'est à dire seulement quand il aura atteint un niveau supérieur substantiel), vous pourrez recalculer la mise de départ. Par exemple, une fois que votre capital aura augmenté de 50% (donc atteint 1500€ dans l'exemple précédent), vous pourrez passer à une mise 30€ (toujours 2%, mais du nouveau capital).
Il faut considérer dans ce cas votre capital comme un capital que vous placeriez en Bourse. Hormis certaines valeurs technologiques ou autres valeurs cotées sur le Second Marché par exemple, l'évolution d'un titre du CAC40 bouge rarement au delà des +/-2% par jour. C'est à dire que dans la plupart des cas, le risque journalier sera de 2% de votre capital. Donc pour les paris sportifs, en misant ces 2% de votre capital, vous êtes dans la même logique puisque si vous perdez, c'est une perte de 2%, et si vous gagnez c'est un gain entre 1% (cote de 1.5) à 3% (cote 2.5) de votre capital que vous pouvez obtenir.

Maintenant, à vous de jouer !


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